vendredi 7 décembre 2018

Gilles est jaune.

L'heure est grave.

C'est la tempête en ville, et sur les réseaux sociaux.

Gilles est sorti de chez lui, Gilles en a ras la casquette. Et sa casquette, Gilles il l'aime bien.

Sa casquette à Gilles, (et non pas sa casquette agile car peu de casquettes font preuve d'agilité, mise à part celles qui sont doubles mais celles-ci appartiennent aux politiques) elle le rassure. 

Elle lui sert de couvre-chef, de protection. "Couvre-chef" étant cependant paradoxal pour Gilles me diras-tu, puisque désormais son but est que les chefs soient publiquement mis à découvert. 

Gilles est donc sorti de ses gonds. Mais ça faisait longtemps qu'il attendait ça Gilles, il attendait juste le bon moment. Il attendait le crépitement de l'allumette qui allait mettre le feux aux poudres, et pas celle de "Perlimpinpin". 

Perlimpinpin, il l'aime pas trop Gilles. Perlimpinpin, c'est le chef des Nantis. 

Pas des Nantais, hein, parce que Gilles a des potes de lutte à Nantes qui adorent la galette. 

Et la galette, du coup Gilles il l'aime bien aussi, surtout celle au beurre qu'il trempe dans son café chaud tout juste sorti du thermos, assis sur une barrière d'une opération "Péage Gratuit" en attendant de faire un selfie devant les caméras de BFM TV.

Enfin "BFHaine TV", parce que Gilles n'aime pas les journalistes, ce sont des "collabos de la dictature en place" qui sont là pour tromper le peuple.

Mais Gilles a quand même besoin d'eux, sinon dur dur de se faire entendre, à 8H du matin, sur un péage au cœur de la Drôme encore brumeux.

Et puis ça tombe bien, parce que le journaliste a aussi besoin de Gilles, car Gilles c'est l'actu chaude du moment, aussi chaude que son café, mais aussi brumeuse que ses idées.

Du coup Gilles il est quand même un peu copain avec le journaliste. D'ailleurs c'est un de ses points communs avec les politiques. Mais Gilles il aime pas les politiques. 

Gilles il veut tout renverser. Sauf la tasse de son café.

Et puis sa glacière aussi, parce que faire un blocus c'est bien, mais sans bière faut pas abuser.

Mais c'est qui en fait Gilles?

Gilles est parfois une caricature, il peut lourdement chuter d'une pelleteuse voulant barrer la route à des forces de l'ordre suite à une conduite mal négociée, mais il peut aussi être cohérent et avoir de la suite dans les idées.

L'un n'empêche pas l'autre me diras-tu, Gilles a aussi le droit de déconner.

Mais Gilles, c'est surtout celui qui en a marre de tout. Et qui a vu que d'autres personnes en avaient marre à la télé.

Il a donc envie de se regrouper.

Parmi eux, Gilles, radicaliste et révolutionnaire du Samedi après-midi, qui s'enflamme rapidement le point serré, et qui appelle à la violence, sans trop savoir ce que c'est.

Mais y'a aussi Gilles, celui qui se bat pour une noble cause, mais qui a du mal à relativiser.

Y'a Gilles, l'agriculteur passionné et méritant, ne pouvant pas quitter sa ferme, dans le besoin urgent et en immense difficulté.

Qui mérite d'ailleurs bien plus que Gilles, l'insoumis en cravate qui fait le tour des plateaux télé, qui lui n'a aucune difficulté, mais pourtant bien plus écouté.

Qui est imité par Gilles, qui s'auto proclame porte-parole du mouvement, parce qu'on sait jamais la notoriété, sur un malentendu ça peut marcher. 

Y'a aussi Gilles, qui s'en fout de la notoriété mais qui casse tout dans la rue et qui met le feu partout avec les copains, parce que casser c'est bien.

C'est d'ailleurs le pote de Gilles, celui qui, en même temps dans la rue d'à côté, pète un distributeur à billets, parce que péter un distributeur à billets c'est s'en prendre "aux banquiers".

Camarade de Gilles, qui tague l'Arc de Triomphe, avec un jeu de mot que personne n'aurait osé tenter.

Y'a Gilles, qui s'en fout de tout casser, mais qui profite du mouvement pour y glisser son idéologie raciste, quitte à mettre un Gilet, on est plus à ça près. 

Du coup, il se castagne avec Gilles d'en face, parce que Gilles il aime pas les racistes, mais il a le même Gilet.

A cause de ça, y'a Gilles le CRS qui se met au milieu, qui ne sait plus qui il faut défendre et sur qui il faut taper.

Gilles le CRS personne ne l'aime, parce que c'est le défenseur des Nantis.

Mais oui tu sais, "Nanti", le mot que Gilles a appris.

Mais Gilles le CRS il s'en fout complètement des Nantis, il a juste envie de rentrer vivant chez lui.

Du coup, Gilles le CRS, il perd ses repères et il dérive. Parfois, ou souvent. Quoi qu'il arrive malheureusement.

Mais ça ne suffit pas, alors y'a aussi Petit Gilles, qui est dégoûté de s'appeler comme ça parce qu'il a 17 ans, du coup il met le feu à son lycée ou il ruine une sandwicherie pour faire comme les grands.

Grand Gilles s'indigne alors ensuite sur les réseaux sociaux que Petit Gilles soit arrêté et menotté.

Pourtant Petit Gilles a ruiné la vie de Gilles le commerçant, qui n'y est pour rien, et qui a mis des années à ouvrir sa sandwicherie. En travaillant. Et ayant les mêmes problèmes que Grand Gilles.

Grand Gilles qui pendant ce temps a fracassé une Porsche au hasard dans la rue parce que c'est trop Nanti, mais qui a lancé un avis de recherche le jour où quelqu'un lui a maladroitement rayé son rétroviseur la nuit.

En même temps, y'a Gilles le cycliste qui part au marché, tout ça il s'en fout, mais il ne sait plus s'il doit mettre son Gilet de sécurité ou pas, car lui il veut juste aller acheter des radis sans se faire emmerder.

Y'a Gilles, celui qui met son Gilet pour aller chasser en buvant un coup, et heureusement que lui il n'est pas là parce qu'il sait beaucoup moins bien négocier.

Bref, tout ça nous a déjà fait oublié Gilles, oui tu sais, l'agriculteur méritant qui travaille tant. Celui qui s'en fout de passer à la télé, mais qui veut juste vivre décemment. Lui aussi s'appelle Gilles pourtant.

Ah oui mais ça on s'en fout aussi, car souviens toi, Gilles le journaliste, enfin Gilles le chef des journalistes, enfin Gilles le Nanti, il veut de l'actu chaude pour faire de l'audience, enfin t'as compris.

Gilles, c'est la France. Et la France, ce n'est peut-être pas parfait. Donc Gilles a le droit de manifester, c'est même son devoir s'il n'est pas satisfait.

Gilles a le droit de porter des convictions fièrement, car des convictions c'est beau, surtout lorsqu'elles sont communes. 

Mais Gilles ne doit pas oublier qu'on lui offre ce droit là car il habite en France, qu'on respecte ses convictions, qu'on le protège, qu'on le considère pour qui il est.

Alors Gilles, s'il te plait, avant qu'il ne soit trop tard, arrête les conneries. 

N'oublie pas qui tu es, et où tu as grandi.

Ne m'oblige pas à jeter mon Gilet, celui que je mettrais en vélo si j'avais envie d'aller m'acheter des radis.



jeudi 28 décembre 2017

La Génération Melon.

Hey la team de l'ambiance et de la fausse littérature!

"Guess who's back?" L'escroc de la boutade rédigée et de la fanfriole déguisée! 

Ne cherche pas sur Google, "fanfriole" ne veut rien dire, c'est un néologisme. Par contre tu peux maintenant aller chercher le mot "néologisme". Je sais, je te coupe l'herbe sous le pied...

En parlant d'herbe, je dois t'avouer qu'elle a bien poussé ici depuis mon dernier passage. 

"Obvious", on ne refait pas un jardinier qui gagne.

Deux expressions Anglaises en cinq lignes. Pardon. J'arrête, tu vas dire que j'ai pris le melon.

Me revoilà donc dans ce Jardin d'Eden de lettres mal taillées, lancé sur ma vieille tondeuse d'expression(s), faux à la main, mais vrai dans le cœur.

Désolé, je démarre fort. Mais le contraire t'aurais déçu n'est-ce bas?

Oui, je suis enrhumé.

Non je déconne, celle là c'était juste pour la blague. Ça va vite, je sais.

Du coup, je disais, j'ai pris le melon. Enfin presque, enfin comme toute ma génération. Oui, je t'explique...

Il y a longtemps que je résiste, de toutes mes forces, à l'idée de nous caricaturer. Nous, les jeunes. Enfin les vieux jeunes, et nos gaudrioles numériques.

Car les vrais jeunes eux, ont l'excuse d'être nés avec, mais nous, personne ne nous y a obligé.

Désolé, la coupe est donc pleine. Enfin vide, depuis les fêtes. Mais la goutte d'eau du ridicule, vient de faire déborder mon vase digital.

Stop. Pause dédramatisation habituelle pour ceux/celles qui ne me connaissent pas. Je ne tire pas sur l'ambulance. Car je suis à l'intérieur. Sur le brancard de l'addiction aux réseaux sociaux qui coule par perfusion intensive. 

Je souhaite donc dénoncer un fait qu'il faut accepter: On a perdu pied.

Mais genre vraiment perdu, comme quand ton pote bourré t'a caché ta chaussure en soirée en disant "Meskine il va jamais la retrouver".

Une analyse 360 (degrés) serait bien évidemment trop longue pour un simple article. Et puis j'imagine que tu as d'autres trucs à faire dans ta vie aujourd'hui que de rester ici, du coup j'abrège: le réseau social de la photo par excellence, Instagram. 

Mouhaha. Pardon, je me calme. Mais tu sais déjà où je veux en venir.

Avant, Instagram c'était un délire. Tu y postais des photos artistiques toutes pétées en te prenant pour le nouveau street-artist en vogue, et tout le monde s'en foutait.

Aujourd'hui tu postes une story, en secret ton objectif c'est de finir à l'Olympia.

On va pas se mentir, tu ne viens plus que sur Instagram depuis que tes stories Snapchat sont aussi vides que les cases de la carte fidélité de ta salle de sport.

Je te parle même plus de Facebook, ton petit cousin ne sait même plus ce que c'est. Et toi tu fais maintenant autant attention à tes notifications qu'à ta facture de gaz.

Instagram est donc passé en quelques années d'un mauvais réseau social artistique, au plus grand espace mondial d'égocentrisme jamais imaginé. Une espèce de bulle sociale spéculative, pouvant exploser à tout moment.

Du coup, j'avais envie de débriefer. 

Et d'imaginer qu'il faudra que j'explique en monologue à mon fiston (si un jour j'en ai un) tout ce qu'on a pu laisser passer...et que:

" - Des personnes musclées en leggings sont devenues célèbres en se prenant l'hiver en photo devant un miroir.

- Les mêmes qui se font prendre en photo bronzées sur la plage l'été, en faisant semblant de ne pas le savoir.

- Des personnes qui ont fait de la télé-réalité, ont gagné plus d'argent en posant sur une photo avec une crème pour la peau que toi, après 12 ans d'études.

- La télé-réalité fiston, c'était des gens qui regardaient des gens ne rien faire dans la télé. Et une fois que c'était terminé, ils étaient connus.

- Des personnes ont posté des photos d'elles à moitié nues, trouvant pour cela l'unique excuse d'y ajouter en légende une citation philosophique n'ayant aucun rapport avec le sujet, et souvent en Anglais.

- Pas besoin de te préciser qu'elles parlaient aussi bien Anglais que toi et moi. Oui, je sais tu n'es qu'en CP.

- Ces personnes étaient d'ailleurs en général tatouées. Avec la même citation philosophique sous l'omoplate, mais c'est un détail. Et je n'ai rien contre les personnes tatouées.

- D'autres personnes ont pris des selfies en faisant semblant de dormir. Si, si, pour de vrai.

- Oula! le selfie. Il faut que je t'explique...C'était une photo, mais avec toi dessus. Enfin, toi qui te prenais en photo tout seul quoi. 

- Du coup, des personnes ne faisaient quasiment plus que ça. Tout le temps. Toute la vie.

- Des personnes ne pouvaient pas s'empêcher de se taguer où elles étaient, surtout quand elles faisaient la fête.

- Ah oui...le tag. C'était un truc pour dire le lieu où tu étais et avec qui tu étais. Pratique hein?

- Des personnes ont écrit plus de lignes en hashtags #instapic, #goodmoment et #followforfollow qu'avec un vrai stylo.

- Non...je sais que c'est compliqué. Le hashtag, c'était encore un autre truc que le tag. C'était pour mettre des mots stupides pour que des gens qui ne te connaissent pas s'intéressent à toi.

- Sinon des personnes postaient tout et n'importe quoi en écrivant "Mood". Personne ne comprenait pourquoi mais ça faisait cool.

- D'autres personnes postaient des photos de leurs exploits sportifs, sachant évidemment que tous leurs potes étaient incapables de les faire. 

- Moments sportifs mais pas trop. A la fin, bien recoiffés avec le filtre qu'il faut.

- Rah! Oui, le filtre. Décidément...Le filtre c'était un truc pour te rendre plus beau que tu n'étais en vrai. Il y en avait plein, et tout le monde mettait 10 minutes pour choisir le bon.

- Des personnes prenaient tout le temps ce qu'elles allaient manger en photo. Et du coup quand elles le mangeaient c'était froid.

- Souvent ces mêmes personnes montraient à d'autres personnes leurs nouveaux habits. Avec des codes pour qu'elles achètent les mêmes à prix réduit. Mais en fait elles les avaient eu gratuit.

- D'autres personnes passaient leur temps à se photographier avec leur animal de compagnie, uniquement pour internet. Juste parce que c'était "so cute", tout ça avec 8 lignes d'emojis.

- L'emoji...Haha comment expliquer? Laisse tomber c'est vraiment trop moche comme mot. 

- Des personnes likaient des photos du sexe opposé, arme ultime de drague de l'époque, voulant dire "coucou je t'ai repéré".

- D'autres personnes se réveillaient le lendemain en disant "Yes! il/elle a liké"

- Oui je sais...le like. Le like c'était un cœur en fait. Qui te permettait de dire à des gens que tu voyais pas souvent que tu aimais leur vie.

- Des personnes postaient des stories, de leur vie. Mais vraiment de toute leur vie.

- Et elles passaient le reste à regarder qui avaient regardé leurs stories.

- Ah oui ça aussi je t'ai pas dit. Les stories c'était une autre fonction en plus pour parler de toi. Les photos normales ça suffisait pas.

- Parfois, quand tu te séparais de ton amoureux(se), des personnes postaient des fausses photos pour rendre l'autre jaloux.

- Mais du coup, ces personnes regardaient ce que faisait leur ancien amoureux(se) avec le compte de quelqu'un d'autre pour faire croire qu'elles ne l'avaient pas vu.

- Sinon d'autres personnes likaient des photos de personnes qu'elles ne connaissaient pas en se disant "sur un malentendu ça peut marcher". Sans ne s'être jamais parlé.

- Ou alors juste pour montrer aux autres qu'on aimait des trucs stylés.

- T'as vu, on se prenait la tête à cette époque. Et tu sais pas quoi? Des millions de personnes faisaient ça.

- Ah si fiston j'oubliais, on faisait juste ça pour que les gens nous aiment. Enfin sur internet, pas pour de vrai. Bref, c'était compliqué.

- Et on oubliait de dire aux gens dans la vraie vie qu'on les aimait pour de vrai, en toute simplicité."




ma Grand-Mère. 



mercredi 22 mars 2017

Une Bouteille à la France.

Bonjour à tous,

Et re-bienvenue sur le blog le moins actualisé et contribué de l'histoire des blogs toutes catégories confondues, victime de la suffisance poids-lourd de son rédacteur, grand dadais avec un poil dans la main encore plus grand que lui.

Quoi de mieux comme retour qu'un "billet d'humeur" par ce beau jour de début de printemps, plein de gaieté et ensoleillé? Muse de ce come-back rédactionnel précipité.

Je vais t'éviter mon tour de piste d'excuses habituelles d'absence de créativité, et en venir directement aux faits.

Il y a quelques jours, entre deux vidéos inutiles d'un chat obèse enrhumé et d'un chien qui fait du skate déguisé en Loana sur Facebook, comme plusieurs Millions de Français, je suis tombé sur ça:




Inutile de te dire que pour passer après ces deux minutes de clairvoyance et de légèreté, j'ai la pression. Je dois te l'avouer.

Pression alourdie par le thème du sujet, car OUI, l'heure est grave, comme tu peux t'en douter. Aussi grave d'ailleurs que ce titre aussi métaphorique que prétentieux , mais quand on fait son retour en grandes pompes mon pauvre ami, il faut bien parfois en assumer la pointure.

Ndlr: J'ai d'ailleurs hésité avec "François le Français", mais ce prénom est en ce moment un peu connoté...et le costume à paillettes faisait un peu cliché.

Il est donc question des futures Elections Présidentielles, qui ont actuellement à peu près le niveau de celles de tes vieux délégués de classe, pendant tes plus grandes années de lycée.

Avant donc que les spécialistes ne me sautent au cou, cet article n'est pas une ode à la politique ou une quelconque incitation idéologique quelque soit son bord. Je laisse ça aux gens cultivés et à ceux qui croient l'être. Cet article ne sera qu'un humble sentiment, ou un appel à la réflexion personnelle.

Dans ce cas là, "Pourquoi une Bouteille à la France? Me direz-vous...Et comme dirait un ancien tonton flingueur de la République Française "Je vous ai compris".

C'est en fait assez simple. Je suis un citoyen, mais alors le vrai, tout ce qui se fait de plus lambda, un mec "mainstream" quoi, comme dirait pompeusement mes confrères du métier de la communication, mais là je m’éloigne.

Pour revenir à nos moutons, puisque j'en suis un, mais ça je viens de le dire. Vous l'aurez compris ce titre est un clin d’œil à la bouteille, celle jetée à la mer (et non celle autour de laquelle sont portées mes convoitises du week-end) image subtilement liée au poids médiatique que je représente, celui qui ne fait pas broncher ma balance sociale, encore moins que celle qui prend la poussière de ma salle de bain.

Ne voyez donc aucune prétention de donneur de leçons dans cette expression libre, mais juste un espace de partage, un point de vue qui je l'espère crèvera l’abcès à l'approche des échéances citoyennes qui arrivent, et qui m'inquiètent tant.

Comme beaucoup d'entre vous ou d'entre nous, puisque nous sommes tous dans le même bateau, bloqués aux commandes sans savoir sur quel bouton appuyer pour le dérouter de l'iceberg trônant fièrement devant nous. Je suis perdu et sans solution.

Perdu parmi ce fouillis d'informations quotidien. Entre affaires d'Etat, quel que soit son champion, traitements médiatiques partiaux, et communication des différents partis plus ou moins relayée et écoutée en fonction du budget de ces derniers. Le tout jugé en bout de course par la plupart d'entre nous uniquement sur l'aspect visuel du candidat ou par l'image qu'il véhicule, entre rigueur de mise en plie, position de cravate , rumeurs et prix du costume de chacun. Sans évidemment rentrer dans les détails pour n'égratigner aucune sensibilité, vous l'aurez noté.

Car ne nous mentons pas, il est rare l'honnête citoyen qui décortique les fameux "programmes" hormis celui du Télé 7 jours, celui qui trône sur la table basse, et que tu regardes en sortant de table avant de t'endormir le ventre plein dans ton canapé, avec en fond sonore ta série préférée.

Comme je le dis souvent, je serai curieux d'entendre à la barre, n'importe quel votant de France et de Navarre, défendant pendant 5 minutes montre en main, le candidat ou les idées qu'il prétend être les siennes. Je parle bien entendu sur le fond, et non sur la forme, tout le temps caricaturale et caricaturée.

D'où là mon sentiment. Pourquoi ne pas encourager ou voter pour des valeurs qui nous sont propres, celles qui nous représentent. Celles qui représentent notre passé, notre présent et notre futur. Et non pas des idées arrêtées, stigmatisées par nos croyances, celles de nos anciens,  par notre portefeuille et surtout par nos peurs.

Nous vivons dans une société qui est persuadée que "C'était mieux avant", dans laquelle "Tout va mal" enfermée dans l'ignorance de la chance que nous détenons à vivre dans un bouillon de libertés, diverses et variées.

Bref, enfonçant une porte ouverte, mais finalement pas si ouverte que ça. L'idée serait d'accepter de vivre avec les changements d'aujourd'hui, qu'ils soient sociaux, ethniques, religieux ou politiques. D'accepter cette multi-mixité, et d'en faire quelque chose de bien.

Être tous sûrs et fiers de ce que nous sommes, de notre jeunesse, et de ce que nous représentons.

Alors concrètement que faire? Telle est la vraie question. A qui apporter son soutien? Libre à chacun. Mais pourquoi ne pas y apporter en parallèle un message vecteur d'un vrai mouvement citoyen? Venant mener à bien notre devoir d'électeur, mais contestant ces interminables conflits puérils de pouvoir politique auxquels il appartient, qui n'ont d'égal que la division sociétale qu'ils engendrent.

Alors je sais bien que le jardin de notre société n'est pas aussi fleuri que le sont ces quelques lignes, et l'actualité en est malheureusement le parfait reflet. Mais nous pouvons peut-être voter ainsi pour qu'il garde le plus de fleurs différentes possibles, pour éviter qu'elles ne fanent, ou qu'elles ne prennent toutes la même couleur.

Prenant mon courage à deux mains, je déposerai donc une bouteille pleine d'espoir, libre et citoyenne devant mon bureau de vote au jour du premier tour, le Dimanche 23 avril, à titre symbolique et de tout mon cœur.

Espérant qu'un jour elle trouvera preneur.

#UneBouteilleàLaFrance

Laurent Maffre.


Crédit photo: Morgan Cuquel

samedi 2 janvier 2016

Cotillons et résolutions.

Chassez le naturel, et il revient au galop.

Mais genre un bon gros galop, celui d'un étalon fougueux sur l'herbe de Vincennes, avec un nom plus long que sa foulée ou encore la taille de son jockey. 

Aussi long d'ailleurs que le temps entre deux articles sur ce modeste et dénudé espace d'écriture, au cours d'une année finalement ponctuée par ce triste "Fluctuat nec mergitur".

Plus long je l'espère que la durée du "Vivre ensemble" pour certains, qui arrosent les réseaux sociaux de ce terme malheureusement galvaudé, et qui insultent le premier mec à l'arrêt dans sa Ford Fiesta au feu vert, qui met trop de temps à démarrer.

La puissance du retour du naturel, ou le règne de l'irrationnel.

Pour ma fréquence de rédaction, marronnier de mes débuts d'articles, je n'ai plus aucune excuse, je vous le concède. Hormis peut-être le fait que l'inspiration ne pousse toujours pas sur le tas de vaisselle dans l'évier de ma cuisine, vitrine de ma légendaire procrastination.

Alors en ce début Janvier de l'exercice 2016, j'aimerais vous souhaiter une "Bonne Année", aussi festive et heureuse que quand elle est souhaitée, avec sur la tête un chapeau en carton désaxé, et un bout de serpentin qui flotte dans une coupe de champagne débullée. 

Ironiquement d'original, ou rapidement d'utopiste, me traiteront les plus pessimistes d'entre vous, et ils auront raison. La vie serait si belle si elle était une fête sans fin, un juste mélange entre amour, bonheur et ivresse. Évitant sans cesse la gueule de bois du lendemain, celle en chêne massif, celui qu'on utilise pour faire les commodes.

Il est vrai qu'il n'est pas chose aisée de vivre d'un quotidien toujours heureux, entouré d'un univers devenant aussi hostile que celui d'un homo sapiens au réveil d'un lendemain de soirée trop arrosé.

Alors pour mieux commencer cette année, un peu de légèreté. 

Personnelles ou non, je vous propose une liste non-exhaustive de résolutions, éternelles volontés populaires, pour se persuader de rendre une copie moins raturée que celle de sa sœur aînée. 







1. Reprendre ma plume, au moins une fois, quand vous ne vous y attendriez pas.

2. Laver le fameux tas de vaisselle une fois avoir fini de rédiger tout ça.

3. Ranger mon salon après cette dernière soirée, qui en porte encore les stigmates.

4. Passer moins de temps sans but sur Facebook, Instagram et Snapchat.

5. Arrêter de poster des photos de moi déguisé sur Facebook, Instagram et Snapchat. 

6. Passer plus de temps sur Wikipédia, non je déconne.

7. Avoir le droit de renverser le café sur le bureau des gens qui boivent des "Kawas".

8. Pouvoir arriver avec un slip sur la tête sur le plateau des chaînes d'infos quand il n'y en a pas.

9. Pouvoir rouler avec un semi-remorque sur le smartphone de Jean-Michel Selfie.

10. Calmer l'agressivité des personnes qui réagissent à l'actualité avec un bagage culturel aussi gros que celui autorisé en cabine d'une compagnie low-cost. 
.
11. Leur rendre leur plaque, pour qu'ils ne soient pas toujours à côté.

12. Inviter Nadine Morano à mon anniversaire, et lui faire écouter du Magic System.

13. Payer un dentiste à Marine Le Pen.

14. Pouvoir discuter avec des politiques, pour savoir si ils sont comme ça dans la vraie vie.

15. Arrêter de prendre comme critère "le dernier caleçon propre", pour lancer une machine.

16. Arrêter d'acheter trop de trucs à Mac Do, en me disant "qu'au pire j'en aurai pour plus tard".

17. Continuer de croire que le Toulouse Football Club sera un jour un vrai club de foot.

18. Boire un verre avec le coiffeur de Donald Trump.

19. Acheter un dictionnaire et le glisser discrètement chez Karim Benzema.

20. Continuer de manger des bons plats.

21. Arrêter de les prendre en photo avant.

22. Continuer de faire semblant de m'y connaître en vin, quand on me le fait goûter au restaurant.

23. Continuer d'essayer de faire des bulles avec un Freedent.

24. Espérer que Maître Gims n'ait pas la carrière de Johnny Hallyday, ou alors juste celle en Amérique.

25. Interdire le selfie-stick aux touristes asiatiques.

26. Nettoyer l'aquarium de mes poissons rouges, pour qu'ils m'aiment enfin.

27. Ouvrir un livre, pour une fois jusqu'à la fin.

28. Arrêter de prendre toutes mes décisions de mon canapé.

29. Vous souhaiter une si classique, mais une si importante "bonne santé".

30. Vous dire que ma liste de résolutions est bientôt terminée.

31. Essayer de garder comme meilleure arme, l'humour. C'est le plus important.

32. Réparer l’embrayage du mec de la Ford Fiesta au feu vert de devant. 

33. Et enfin, dire au mec qui klaxonne en insultant derrière, que c'est pas toujours évident d'aller de l'avant.


dimanche 11 janvier 2015

J'ai trouvé Charlie.

Bonjour à tous et à toutes, et tellement heureux de revenir ici.

Certes les circonstances le sont bien moins que moi mais elles ont au moins le mérite de me donner l'envie de vous retrouver et de venir dépoussiérer ce petit coin de liberté.

Vous en conviendrez, le climat de ces derniers jours n'est pas ouvertement propice à l'humour et à la rigolade. Cet article n'aura donc pas la plume frivole et décalée que certains ont pu apprécier par le passé, mais elle n'en demeurera je l'espère pas moins acérée.

Plus d'un an que j'ai laissé cette page vierge, et non sans regret, me laissant déborder sans excuse par la procrastination, satanée barrière à ma propre créativité.

Pour les plus fidèles, vous imaginez que le sujet abordé ne sera pas entièrement directement lié au web, milieu que nous avons adoré analyser ensemble, qui a d'ailleurs été à l'origine de ce blog et de nos échanges. Ce sera cette-fois ci juste un moyen de partager, bien que cela ne soit pas dans mes habitudes, les émotions qui m'animent autour de cette tragique actualité.

Je vous épargne l’offense de revenir sur celle-ci, ce ne ferait qu'encore plus propager l'horreur et l'ignobilité que nous venons de connaitre sous tous ses aspects.

Avant toute chose, loin de moi l'idée d'afficher une philosophie momentanée ou exacerbée, et encore moins de me présenter comme un invétéré de Charlie Hebdo et/ou défenseur de tout temps de la liberté d'expression. Dire l'inverse serait leur faire affront.

Ma modeste culture générale ne m'avait en effet pas amené jusqu'à connaitre ces célèbres dessinateurs, ni d'ailleurs tous les autres. Je ne connaissais que de ce journal son aspect satirique, libre et provocateur.

Ce sont ces adjectifs qui représentaient l'identité de ces personnes et qui les faisaient vivre, mais qui ont donc comme nous le savons tous aussi été à l'origine de leur perte.

Cet horrible paradoxe étant fait, il restera malheureusement à vie inchangé. Mais il y a tellement de choses sur lesquelles nous pouvons nous appuyer, à chacun d'entre nous désormais de les réaliser.

Originaire de Toulouse, comme vous le savez, tout a simplement commencé pour moi en voyant mon cher et tendre Capitole accueillir une marée humaine et solidaire quelques heures seulement après les (premiers) faits.

Devant ma télé, je suis resté bouche bée. Bouché bée devant une population qui fait front, et qui se rassemble, stylo, fleur, bougie ou message à la main, et ce partout en France.

Toutes les villes, toutes les régions, toutes les races et religions qui veulent juste rendre hommage, respecter la mémoire et démontrer toute leur solidarité de manière totalement spontanée. 

Alors je dois vous avouer que de mon petit canapé, cet élan national et citoyen a réussi à remplir mon petit corps d'homme à la fois de bonheur et de frissons, me démontrant de la plus belle des manières que de l'Humain tout n'est certainement pas à jeter.

Le mouvement est depuis devenu mondial et nous donne à tous l'opportunité d'en profiter.

Profiter ensemble d'avoir en mémoire toutes ces personnes qui nous ont quitté, pour un statut, une action, ou une religion.

Mais profiter également ensemble de voir que d'une tragédie, des peuples sont capables de créer l'unité pour commémorer et faire vivre des idées.

Profiter de pleurer, se souvenir, marcher en silence, souffrir mais aussi profiter de s'enthousiasmer de voir une population consciente de vivre dans un pays de droits et de liberté, et oser le crier.

Les valeurs humaines sont trop souvent bafouées et critiquées pour ne pas les mettre en lumière quand on peut prendre du temps pour les apprécier.

La marche républicaine du 11 Janvier en a été le parfait reflet. Plusieurs millions de Français et plus d'une quarantaine de Chefs d'Etat marchant ensemble, oubliant au moins momentanément leurs différends.

Parmi les nombreuses déclarations, celle de Jean d'Ormesson restera sûrement la plus humaine et réaliste: "Nous pouvons dépasser ce qui nous oppose, et accentuer ce qui nous unit."

Alors, certes certains symboles utilisés aujourd'hui peuvent être antinomiques avec l'identité même de Charlie Hebdo, et c'est normal. Car tout cela va bien plus loin, tout cela va jusqu'à la prise de conscience de toute une nation du "vivre ensemble", révoltée par un barbarisme qui s'attaque à tout le monde, sans exception.

Etant bientôt un grand garçon de 25 ans, je peux vous faire une confidence.

J'ai passé mon enfance à galérer à chercher un mec dans un livre qui passait sa vie à se cacher. Il s'appelait Charlie, il avait des lunettes et un bonnet.

J'ai souvent fini par abandonner, refermant le livre avec mépris, me laissant narguer par son sourire bloqué sur la couverture, ce qui avait le don, même du haut de mes 10 ans de prodigieusement m'énerver, et ce jusqu'à la tentative d'après.

En fait il était bon ce Charlie, il passait de civilisation en civilisation, se fondant dans la masse, s'adaptant à chaque environnement et ses habitants en gardant le sourire.

Alors, avec le recul je dois l'avouer, il s'est toujours très bien caché. Mais je crois que ce mec-là, aujourd'hui je l'ai enfin vraiment trouvé. 

Parce qu'aujourd’hui, nous sommes tous Charlie, mais parce qu'aujourd'hui aussi nous sommes tous Français.






lundi 7 octobre 2013

Robin des rues.

La rentrée, ce fléau.

Non, l'introduction de ce nouvel article ne sera ni plus longue ni plus recherchée, mais elle a au moins le mérite d'enfin mettre une fin à mon long silence estival. Rassurez-vous, son titre n'a d'ailleurs non plus aucun rapport avec la nouvelle comédie musicale starifiant Matt Pokora et son carquois sous les projecteurs.

C'est donc surtout l'occasion pour moi de lourdement dénoncer cette étrange habitude occidentale, en général aux alentours de Septembre, consistant à retourner de manière forcée sur le lieux que nous avons jubilé quitter quelques semaines auparavant. 

Quelle lourde épreuve que de remettre son sac scolaire sur le dos, ou de se munir précipitamment de sa cravate planquée au fond du placard suite au énième retentissement strident du premier réveil matinal, donnant l'envie de se lever avoisinant celle de se percer l'artère fémorale.

Ah les vacances, ce (trop) petit bout de vie où tout un chacun fusille son capital UV chaque année dès sa première sortie plage ou barbecue, victime de sa propre fougue, se faisant ainsi tanner la peau au soleil aussi harmonieusement que celle d'un Écossais en surpoids passant ses vacances au Cap d'Agde. 

Le physique...c'est facile, me direz-vous. Mais le hasard faisant bien les choses, c'est en fait le sujet principal des quelques lignes que je m'en vais vous rédiger dans la joie et la bonne humeur. 

Alors si je vous dis "Abercrombie & Fitch", je ne vous apprends rien, jeunes branchés que vous êtes. J'imagine que certains d'entre vous se revoient peut-être même en train d'acheter un polo frappé de l'élan tant désiré suite à une longue après-midi à arpenter les grandes avenues d'une capitale comprenant une de ses si rares boutiques.

Précieux sésame d'ailleurs acquis entre les corps de rêve des mannequins déambulant dans le magasin, et ceux en général moins musclés, de plus petite taille, avec les yeux bridés et un bob sur la tête prenant frénétiquement la devanture du magasin en photo.

La marque vestimentaire Américaine fait donc rêver plus d'un jeune à travers le monde via son culte du physique irréprochable, mais divise également depuis longtemps de par l'image segmentaire qu'elle véhicule.

Pour ceux qui ne l'ont pas déjà vue, voici la dernière initiative marquante en date (il y a quelques mois) visant le géant de la sape huppée: 




Géniale ou scandaleuse, la stratégie marketing d'AF vise à ultra-cibler sa clientèle excluant ouvertement les personnes ne rentrant pas dans le cadre de l'image de marque souhaitée, en triant selon l'aspect physique et les catégories sociales.

La citation choisie dans la vidéo des enfants "cool" me rappelle d'ailleurs douloureusement le regard dévastateur de mes nouveaux camarades de classe de collège lors de ma première glorieuse entrée dans la cours, découvrant interloqués mon combo vestimentaire osé "basket à scratch-salopette-cartable" du primaire rural et sûr de moi que j'étais, me plaçant très certainement sur le podium des enfants que la marque n'aurait voulu sponsoriser pour rien au monde.

Parenthèse nostalgique fermée, l'idée de Greg Karber (créateur de cette vidéo) fut à la base simple, utiliser la stratégie de la marque pour la retourner contre elle-même. Deux objectifs: Décrédibiliser l'image Abercrombie and Fitch en viralisant son initiative, tout en y associant un aspect humanitaire en habillant les plus démunis avec des habits de la marque.

Une idée risquée (avec "l'utilisation" et la mise en avant des Sans Domiciles Fixes) mais qui fait mouche.

En effet, surfant sur le retour médiatique de l'époque du scandale du choix de la marque à ne pas proposer des grandes tailles (XL et XXL), cette vidéo a été visionnée plusieurs millions de fois et a suscité plusieurs dizaines de milliers de mentions sur les réseaux sociaux.

Loin du coup d'épée dans l'eau de certains "bad-buzz", l'impact de la vidéo va fortement contribuer Mike Jeffries (PDG décoloré botoxé du groupe) à publiquement présenter ses excuses. Changement de cap historique pour la marque, mais surement trop tardif, ne pouvant difficilement éviter l'iceberg de lassitude et de mécontentement général de l'opinion publique.

Tout l'intérêt de cet article est là, c'est à dire l'analyse et la prise de recul sur l'impact des offensives engendrées contre la marque.

Les résultats du groupe sur le troisième trimestre 2013 sont impressionnants: -11% sur ses ventes aux USA (son marché principal représentant 67% de ses revenus) et une action en bourse reculant même jusqu'à -18% le 22 août 2013. La situation actuelle a déjà conduit la marque à fermer une centaine d'enseignes sur son marché national et prévoit d'en fermer 135 autres d'ici 2015 (Sources: lemonde.fr et leplus.nouvelobs.com).

Une régression économique notoire qui pousse à réfléchir sur la légitimité et la puissance croissante de la force de frappe des internautes dans leur rapport avec les marques.

Conclusion, que l'évolution soit significative ou non sur le long terme, que l'on soit d'accord sur le principe ou non, n'est-il pas génial de savoir plus généralement qu'à l'heure actuelle un outil quotidien permet de valoriser la créativité humaine au service des valeurs et des causes qu'elle souhaite défendre?

Je ne sais pas vous, mais ma vieille salopette et moi avons notre avis sur la question.

lundi 29 avril 2013

Octave, mon nouveau pote.

Un nouvel article, pour une nouvelle vie.

Quelle accroche, me direz-vous, mais pas d'inquiétude, malgré ce long silence, ce n'est pas encore l'annonce de mon retrait définitif de la blogosphère, loin de là.

Avant tout, vous comprendrez la vive émotion qui m'anime à l'heure où la planète web a Harlem Shaké son corps de façon courte mais névrosée pour une raison encore bien inconnue, qu'il y a autant de boeuf dans nos assiettes que de neurones dans le cerveau de Nabila, que les pantoufles du souverain pontife ont changé de propriétaire devant une foule en liesse ou encore quand l'ambiance de l'Assemblée Nationale débattant autour du mariage pour tous est comparable à celle du Parc des Princes à la grande époque.

Une actualité aussi intense et pas une ligne à se mettre sous la dent? Je m'en excuse, ma plume a pour le coup quelque peu été débordée par les événements.

Donc comme je l'évoquais, les trois mois qui viennent de s'écouler depuis mon escarmouche à l'encontre du géant américain de la boisson gazeuse non identifiée n'ont pas été de tout repos.

Pourquoi? Tout simplement p
arce que ce que j'attendais depuis une bonne année maintenant est arrivé, j'ai enfin intégré au noble poste de stagiaire une agence de communication spécialisée dans le digital.



Le visage de ce célèbre publicitaire fictif ne vous est certainement pas inconnu, et bien aujourd'hui je le côtoie tous les jours, ou du moins ses lointains cousins.

J'apprends donc ses codes, sa façon de travailler et surtout son langage. Car ne me satisfaisant pas de la difficulté d'adaptation d'une agence normale (ça serait trop simple...) j'en ai donc choisi une qui officie totalement sur internet.

Je vous laisse donc imaginer la lourde tâche qui s'est offerte à moi pour assimiler le jargonnage usuel de personnes étant tombées dans la marmite du web étant jeunes.

Je croyais être un jeune branché et à la page, j'avais tout faux.

En effet, mon ressenti personnel lors de ma première réunion fut celle du senior ayant mal branché son sonotone lors d'un repas de famille bruyant.

Le vocabulaire est tel, que même un sous-titrage en guise de machette ne suffisait pas au défrichage et à la compréhension de cette jungle de connaissances et d'informations que je tente désormais de maîtriser .

Alors depuis ces derniers temps, je suis un nouvel homme. Voici quelques éléments qui me font réaliser que ça y est, je travaille bien dans une agence de com' sur internet:

- J'ai plus appris de chose à faire avec mon ordinateur en trois mois que depuis que j'ai l'âge de comprendre son utilisation.

- Je ne sors plus le soir, parce que "demain matin j'ai un call important".

- Quand je rentre chez moi, c'est déjà l'heure du film.

- J'ai une pause à midi, mais en fait je parle de ce que j'ai fait le matin.

- Je suis passé de l'autre côté de Facebook, celui qui t'envoie une pub en rapport avec ta dernière requête Google...

- MinuteBuzz et DocNews n'ont plus de secret de pour moi.

- Je bois des cafés dans des mugs.

- J'ai deux écrans d'ordinateur.

- Je crois trouver une vidéo inédite et être le premier sur le coup, alors qu'elle tourne depuis deux jours dans l'open space.

- Mon cadre de travail est le royaume de la procrastination.

- Quand je dis que je travaille dans le digital, on me répond "Dans le digiquoi?"

- Quand j'explique en quoi consiste mon travail dans le digital, on me répond  "Ok, ça a l'air cool" à traduire par "J'ai rien compris mais j'ai pas envie qu'il me réexplique".

- Je me suis déjà dis une fois "Allez j'essaye de lire du code", pas deux.

- J'ai tapé mon nom dans Google, pour voir si je rank good.

- Je croise tous les doigts des mains et même ceux des pieds, quand on fait une synchro en prod.

- Tu n'as normalement pas compris les deux dernières phrases, sinon inquiète toi.

- Je bois de la San Pelegrino, mais juste le midi.

- J'ai trouvé (beaucoup) plus fort que moi à Mario Kart.

- Je suis évidemment bilingue en Franglais.

- Je suis toujours "à disposition si tu as des questions".

- Et enfin, je suis surtout très reconnaissant et remercie (si elles passent par là) les personnes qui ont la patience de m'apprendre, m'écouter et me conseiller quotidiennement dans ce secteur passionnant et loin d'être de tout repos.

Pour la suite des événements, je reviens avec du nouveau très bientôt. D'ici là, pour les retardataires (de quelques mois), deux ou trois liens sympas:

Je n'écris pas que pour moi: 

http://www.blogoergosum.com/34684-podcasteurs-lhumour-dune-seule-generation-2

http://www.blogoergosum.com/35340-lauto-hacking-les-nouveaux-faux-pirates-de-la-communication

L'ECS Toulouse s'est intéressé au projet de mon blog dans le "Défi des grandes écoles" organisé par l'express:

http://defigrandesecoles.lexpress.fr/ecs-toulouse?s=laurent+maffre

A très bientôt!